International Hyper Rythmique ©Chris Rod Photo

Introspective, atmosphérique, à la fois minimaliste et sophistiquée, la pop que façonne ce format à 4 basé à Toulouse s’imprime lentement sous la peau pour la hanter et ne plus la quitter. Rencontre !

Quelle(s) signification(s) ou intention(s) contient votre nom de scène ?
Jean Martial-Guilhem (compositeur et guitariste) : Tout est rythme : rythme des planètes, des saisons, de la lune, des marées, jusqu’aux rythmes des menstrues. Le rythme c’est la féminité et le chiffre secret du cosmos. Chaque être a son rythme qui l’inscrit dans le rythme universel du monde. Par le rythme nous devenons cosmiques, nous rejoignons et nous nous conjuguons à l’universel. C’est à peu près ça l’idée du nom.

Peux-tu nous présenter chaque membre du groupe, qui fait quoi ?
Il y a Laurence qui chante, joue de la basse et écrit les textes ; Claire qui joue du synthé, boîte à rythmes, qui fait des percussions et les chœurs ; Stéphane et moi qui sommes aux guitares.

Tu joues dans ce groupe avec tes 2 sœurs, Laurence et Claire. Avez-vous été baignés dans la musique très tôt ? Quels artistes vous ont donné envie d’être musiciens ?
Claire et moi avons presque le même âge, nous avons commencé à monter des groupes dès le collège. C’est le punk et la rencontre avec d’autres musiciens un peu moins débutants que nous qui nous ont donné envie de faire de la musique en groupe. J’ai autant été fasciné par le romantisme nihiliste des premiers punk, de Sid Vicious, Johnny Tunders ou les Ramones que par l’activisme et l’autonomie des groupes qui suivront cette période tels Crass, Fugazi, les Dead Kennedys adeptes du Do it yourself. Esthétiquement on est loin de ce que l’on entend généralement sous le qualificatif de punk, mais être punk c’est faire et inventer des possibilités, s’inventer des modes de vies possibles.

Y-a-t-il des artistes, des œuvres, des voyages (…) qui ont plus particulièrement inspiré le projet IHR ?
Le titre du dernier album « Below Sea Level » est repris d’un documentaire de Gianfranco Rosi à propos d’un lieu dans le désert proche de Los Angeles -Slab City – où vivent en marge de la société tout un tas de personnages qui n’ont plus ni nom, ni identité, en rupture ou en quête de quelque chose qu’on ne saurait trop définir. Le héros du film de Sean Penn Into the Wild y passe quelques temps pour y trouver l’amour et le fuir. Sur l’album nous avons un morceau « Norma Jeane » dont le texte est un poème de Marilyn Monroe. Le décalage entre la beauté abstraite du texte et l’image commune de l’actrice nous semblait intéressant. Plus une chose est lumineuse et fascinante, plus elle porte en elle une part d’ombre et de mystère. Seul l’art et ici la poésie ou la musique peuvent révéler ce mystère. Je peux dire pour ma part que la culture américaine -autant dans la musique que dans la littérature ou le cinéma- est d’une grande inspiration. Claire et moi avons pas mal voyagé. Claire a vécu au Mexique. J’ai pas mal trainé à Los Angeles ou New York.

International Hyper Rythmique ©Chris Rod Photo

Vous créez une musique pop à la fois aérienne, éthérée, crépusculaire, mélancolique… qui fait naître chez l’auditeur beaucoup d’images, de paysages, de sensations aussi. Vous aimez creuser et remuer le terrain des émotions et de l’imaginaire ?
On a souvent dit de notre musique qu’elle était cinématographique, sans doute qu’elle fait naître images et sensations. La musique accroît le sentiment de vie. Elle exprime ce que le langage ne saurait dire, elle commence là où le langage fait la preuve de son impuissance. Elle ne dit rien, elle exprime l’ineffable, le mystère, elle est le son du silence. Notre musique exprime une sensibilité commune à mes sœurs et moi qui est liée à notre histoire et que Stéphane depuis qu’il nous a rejoint sait accompagner et enrichir.

Qu’en est-il sur scène ? Laissez-vous un peu plus éclater cette incandescence rock que l’on ressent aussi dans vos morceaux ?


Oui, avec deux guitares et des jeux assez différents entre Stéphane et moi, on a un côté plus noise et  sonique sur scène ce qui nous permet d’élargir le spectre des émotions. D’autre part, la production d’un album qui offre des possibilités difficiles à reproduire sur scène oblige à simplifier pour aller à l’essentiel et à l’inverse il est possible sur scène de rallonger et d’intensifier certains passages qui ne peuvent l’être sur un album.

Qui écrit les textes (en anglais) et comment décririez-vous votre écriture ?
C’est Laurence qui écrit les textes qui sont plus abstraits que figuratifs, elle cherche à produire une émotion, une sensation à travers une écriture qui se veut d’avantage photographique que narrative (…).

Vous avez 2 albums dont « Below Sea Level », sorti fin 2013. Travaillez-vous actuellement au prochain ?
Depuis la sortie du disque on a pas mal travaillé sur le live. Je pense que l’on va pas mal jouer les mois à venir. Il y a encore beaucoup trop de gens qui ne nous connaissent pas ! Du coup on ne s’est pas encore véritablement penché sur un troisième album même si des pistes commencent à se dessiner. Par contre on a enregistré quatre titres live qui diffèrent des versions album et que l’on sortira courant décembre (…).

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>> En concert le 11/12 aux Docks
à Cahors (46), le 12/12 à l’Espace
El Doggo à Limoges (87)…
Interview réalisée par Mag.